Francesco Cavalli

La Calisto

La Calisto (1771)
Francesco Cavalli (1602-1676)

Dramma per musica en un prologue et trois actes sur un livret de Giovanni Faustini.
Créé le 28 novembre 1651 au Teatro San Apollinare, à Venise.

Chen Reiss Calisto
Christophe Dumaux Endimione
Luca Tittoto Giove
Véronique Gens Giunone
Olga Bezsmertna Diana
Chiara Amarù Linfea
NN La Natura, Pane
Markus Werba Mercurio
Damiana Mizzi Il Satirino
Luigi De Donato Silvano
Federica Guida Furia 1/ Eternità
Svetlina Stoyanova Furia 2/ Il Destino

Les Talens Lyriques
Orchestre du Teatro alla Scala
Christophe Rousset Direction
David McVicar Mise en scène
Charles Edwards Décors
Doey Luthi Costumes
Adam Silvermann Lumières
Jo Mederith Chorégraphie
Rob Vale Vidéo

Nouvelle production Teatro alla Scala.
Avec le soutien de l’Institut Français, de la Ville de Paris et de Madame Aline Foriel-Destezet, grande mécène de la saison anniversaire des Talens Lyriques.

Près d’un siècle avant la composition de Semelede Georg Friedrich Händel (1744) ou de celle de sa jumelle Platéede Jean-Philippe Rameau (1749), La Calisto(1651) de Francesco Cavalli (1602-1676) s’impose comme l’une des premières mises en musique des amours extravagantes du Don Juan de l’Olympe, Jupiter. De passage sur terre, le père des dieux aperçoit la nymphe Calisto et en tombe à l’instant éperdument amoureux. La chaste suivante de Diane ne se laisse pas séduire par le galant effronté et repousse farouchement ses avances jusqu’à ce que ce dernier ne se déguise en Diane, et use ainsi de la supercherie pour approcher la jeune vierge… qui succombe immédiatement au charme de celui/celle en qui elle voit sa déesse adorée. Une fois de plus trompée, la jalouse Junon, épouse trahie du maître des dieux, se venge de la nymphe abusée en la transformant en ourse. Jupiter l’immortalise alors sous cette forme en la transformant à son tour en constellation.

Créé au Teatro San Apollinare de Venise le 28 novembre 1651, ce dramma per musica en un prologue et trois actes, sur un livret de Giovanni Faustini inspiré des Métamorphoses d’Ovide, est l’exemple même de ce qu’on appelle l’opéra vénitien : une basse continue surmontée de deux ou trois voix en termes d’écriture et un récitatif souple comme fondement du discours, lequel tend subtilement à l’arioso lors des sommets dramatiques de l’intrigue, qui elle repose sur le contraste des tons tragique et comique. Ce mélange des genres est associé ici à une extrême multiplicité de situations et de caractères. Tendresse, langueur, quiproquos, stupre, luxure, trahison, jalousie… de la chaste déesse à l’adolescent priapique, du mari travesti à l’épouse bafouée, chaque élément concourt à l’établissement d’une œuvre aux multiples facettes qui se pose aujourd’hui comme l’un des grands chefs-d’œuvre de l’histoire de l’opéra.

 

« C’est à la fois un privilège incroyable et un immense honneur de donner cette nouvelle Calisto mise en scène par David McVicar à la Scala de Milan, salle mythique accueillant d’ailleurs peu de concerts de musique baroque jouée sur instruments anciens. Pour ce programme, nous avons réuni une très belle distribution vocale, à la hauteur de ce théâtre prestigieux et des attentes d’un public milanais exigeant. »

– Christophe Rousset