Opéra en trois actes créé le 8 janvier 1735 à Covent Garden à Londres sur un livret anonyme.
OPÉRA EN VERSION DE CONCERT
EVE-MAUD HUBEAUX, Ariodante
MARIE LYS, Ginevra
MICHÈLE BRÉANT, Dalinda
MARGHERITA MARIA SALA, Polinesso
NICK PRITCHARD, Lurcanio
NAHUEL DI PIERRO, Il Re di Scozia
LES TALENS LYRIQUES
CHRISTOPHE ROUSSET, clavecin et direction

Ariodante a pour décor l’Écosse médiévale, un monde chevaleresque qui s’appuie sur l’Orlando furioso de l’Arioste. Pourtant, ce n’est pas ce qui retient l’attention de Händel : il ne cherche pas ici l’exotisme ou le spectaculaire que pouvait lui offrir cet univers archaïque et merveilleux, mais s’attache à développer la psychologie intime des personnages du drame.
Les rapports humains dans toute leur complexité sont toute la richesse de ce livret hors norme : on y trouve ainsi un personnage, Polinesso, d’une noirceur très inhabituelle pour l’opéra du temps, qui s’oppose à la figure du parfait chevalier qu’est Ariodante. Ce dernier recèle aussi une trajectoire psychologique fascinante, qui va du désespoir à la joie de son amour retrouvé pour Ginevra.
La musique est absolument sublime ; ce n’est pas un hasard si j’ai creusé depuis les débuts des Talens Lyriques un véritable sillon händelien, toujours fécond presque trente-cinq ans plus tard, tant ce compositeur offre une oeuvre d’une richesse et d’une beauté inépuisable. Ariodante en a d’ailleurs été un jalon important, que je retrouve ici avec bonheur, après l’avoir dirigé pour la dernière fois à Vienne en 2019. Quant aux solistes, j’ai choisi un cast de jeunes chanteuses et chanteurs parmi les meilleurs, dont la fraîcheur vocale m’a séduit autant que leur virtuosité extrême.
Christophe Rousset