Hippolyte et Aricie
- 20:00
- Teatro alla Scala | Milan
- Italie

Tragédie lyrique en cinq actes et un prologue créée le 1er octobre 1733 à l’Académie royale de musique sur un livret de Simon-Joseph Pellegrin, présentée ici dans la version remaniée en 5 actes correspondant aux reprises données à partir du 25 février 1757 à l’Académie royale de musique
OPÉRA EN VERSION DE CONCERT
REINOUD VAN MECHELEN, Hippolyte
MARIE LYS, Aricie
APHRODITE PATOULIDOU, Phèdre
CHRISTIAN IMMLER, Thésée
JULIETTE MEY, Diane
NEIMA FISCHER, La prêtresse de Diane, une matelote, une chasseresse, une bergère
PHILIPPE ESTÈPHE, Tisiphone
LYSANDRE CHÂLON, Pluton
KIERAN WHITE, Première Parque
JORDAN MOUAÏSSIA, Mercure et Deuxième Parque
ADRIEN FOURNAISON, Troisième Parque
CHOEUR DE CHAMBRE DE NAMUR
THIBAUT LENAERTS, chef de choeur
LES TALENS LYRIQUES
CHRISTOPHE ROUSSET, direction
L’intrigue d’Hippolyte et Aricie se déroule dans l’Antiquité grecque, mais ce n’est pas le berceau des arts et de la démocratie que mettent en scène Rameau et Pellegrin : ils dépeignent au contraire une Grèce archaïque, dans ses aspects les plus sauvages. Dans cet opéra, on assiste à un véritable déchaînement des passions : l’amour dévorant et incestueux de Phèdre répond à l’innocence d’Aricie, la jalousie vengeresse de Thésée à la terreur d’Hippolyte. La dimension religieuse s’y mue en un mysticisme saisissant dont témoignent les invocations aux dieux, qui sont des pages sublimes. Face à un livret si poignant, Rameau écrit une musique pleine de contrastes, dont l’impact est vraiment hors du commun. Le deuxième acte, qui se déroule intégralement aux Enfers, est particulièrement marquant à ce sujet. Si l’oeuvre est la première tragédie lyrique du compositeur, elle constitue un sommet qu’il ne dépassera jamais par la suite. André Campra ne s’y est pas trompé : il estimait qu’il y avait dans cet opéra suffisamment de musique pour en faire dix !
Rameau a remanié Hippolyte et Aricie à de nombreuses reprises. J’ai choisi d’interpréter ici sa dernière version, celle de 1757 : il en retranche notamment intégralement le prologue, pour donner à son oeuvre une unité plus grande et accroître son impact dramatique. L’enregistrement de cet Hippolyte et Aricie testamentaire complètera notre discographie consacrée à l’oeuvre lyrique de Rameau, après Zoroastre, Castor et Pollux, Les Indes galantes et Zaïs.
Christophe Rousset